Un superbe texte d'une famille d'accueil de galgos112, un texte plein de poésie, de sensibilité, un texte dont les mots ont la sincérité du coeur
Point n'est besoin pour toucher les lecteurs de parler de gazage ou de bêtifier en parlant des galgos comme de pauvres toutous ... non, il suffit de laisser parler les mots du coeur, de l'amour et de la compassion
Je remercie Christine de Toulouse qui a bien voulu traduire ce texte pour moi mais surtout pour vous
Je rappelle que si l'on veut se proposer en tant que famille d'accueil il suffit de suivre la démarche sur ce lien
Cuando quiera el destino ..... quand le destin voudra .....

Aujourd’hui est un jour béni des dieux, un de ces jours d’été, où l’azur du ciel est plus bleu que jamais, où les chauds rayons du soleil réchauffent notre peau et notre âme, et en même temps ces petits nuages blancs semblables à des morceaux de coton nous dispensent, telle une caresse, une fraîcheur agréable et inespérée. Cette matinée est un cadeau que me fait la nature qui m’environne.
Il semble que la grâce de ce jour ait été perçue aussi par ces oiseaux appelés « mésange » en français et qui viennent chaque année nicher dans l’olivier de notre jardin. Car ils ont décidé que ce jour serait le jour idéal pour prendre leur envol, pour ouvrir leurs ailes et quitter le nid qui était leur foyer. J’ai eu le privilège exceptionnel d’être témoin de leur envol et auparavant j’avais pu photographier le manège de leur mère qui, ayant peut-être deviné le prochain départ de ses rejetons, volait à un rythme frénétique pour leur apporter de petits insectes afin de s’assurer ainsi de leur donner leur dernière bouchée de nourriture afin qu’ils aient assez de forces pour leur inéluctable départ, c’est la loi de la vie.
Et, comme si cela ne suffisait pas, plusieurs heures après, lors de ma promenade quotidienne avec ma famille, Yannick, notre bébé d’un an Alexi et nos 2 galgas Taiga et Lara, nous avons été de nouveau témoins du départ du nid d’un autre oiseau (bien plus gros et que je n’ai pas réussi à identifier) ; il était posé sur le sol d’herbe fraîche, attendant que sa mère lui apporte ses toutes dernières savoureuses bouchées de bestioles ; celle-ci, à notre vue, commença a piailler encourageant ainsi son jeune oisillon à se décider à voler maladroitement pour se mettre à l’abri sur une branche un peu en hauteur afin de recupéer des forces, hors d’atteinte de tous les dangers qui l’entouraient.
Je suis restée émerveillée d’avoir été le témoin de l’émancipation de ces jeunes et, comme je crois dans le dicton « jamais deux sans trois », j’ai commencé à ouvrir mon courrier, en tremblant (je le reconnais) d’apprendre que, peut-être, le destin avait choisi également ce jour là pour le départ de Taiga. Mais il n’en a pas été ainsi, aujourd’hui personne ne s’est manifesté pour Taiga et je dois reconnaître que j’ai poussé un énorme soupir de soulagement qui a soulagé mon cœur de l’angoisse de la voir partir. Je savais, que ma famille et moi, avions ainsi un peu de répit et qu’il nous était épargné de devoir commencer le compte à rebours des jours à passer avec elle.
Taiga n’est pas née dans cette maison, elle n’est ici que de passage car c’est une galga en acceuil à qui nous avons ouvert notre foyer jusqu’à ce qu’apparaisse cette famille idéale pour elle ; cette famille qui, quelque part, et sans même encore le savoir, est destinée à partager sa vie avec notre Taiga, notre précieuse galga en accueil.
Et moi, comme cette maman mésange qui savait que ses rejetons allaient quitter le nid d’un moment à l’autre, je sais que Taiga fera de même, qu’elle sortira de nos vies, après avoir laissé derrière elle tous ses mauvais souvenrs.
Des souvenirs de solitude, de faim, de tristesse, d’abandon et de dieu sait quoi encore.
Et je sais aussi que, malgré son départ, et le départ est une chose inéluctable quand on est famille d’accueil, oui je sais qu’une partie d’elle demeurera parmi nous, dans nos cœurs, au tréfonds de nous et qu’elle fera toujours partie de nos vies. Nous l’avons aidée à dépasser ses peurs, à oublier le mal qui lui a été fait et lui ouvrir les portes d’un monde de bonheur et nous sommes largement payés de retour par tous les moments merveilleux qu’elle nous offre en cadeau ; ces moments où elle nous démontre sa reconnaissance en agitant sa queue comme les ailes d’un moulin, en nous léchant à tout instant, en s’asseyant à côté de nous pour nous observer comme si nous étions la chose la plus merveilleuse qu’elle ait jamais connue en ce monde et surtout, constater sa spectaculaire évolution en seulement trois petites semaines ; c’est pour nous le plus beau des cadeaux en tant que famille d’accueil.
Et je sais aussi que, très bientôt elle n’aura plus peur de la pluie de baisers que nous faisons tomber sur elle et que nous laisserons derrière nous ces moments de terreur qui la submergent juste au coucher du soleil quand elle va et vient sans trêve, cherchant avec angoisse, un endroit sûr où les tortionnaires ne pourront pas la trouver. Je suis sûre que bientôt elle dépassera cela et qu’elle s’endormira tranquille et apaisée, sans éprouver le besoin de ces déambulations incessantes, en se sachant en sécurité. Car elle saura que les moments de terreur qu’elle a dû vivre auparavant, à l’heure où les gens sortaient pour donner la chasse aux galgos, la nuit, dans l’immonde village où elle déambulait, ces moments qui reviennent blesser sa mémoire, sont terminés et qu’elle peut enfin dormir en paix.
Et en attendant ce moment ainsi que celui inéluctable de son départ, nous continuerons à lui donner tout l’amour dont elle a manqué, en espérant que le destin mette sur notre chemin cette précieuse famille définitive pour notre Taiga. Et, en même temps, nous lutterons pour garder intact dans notre cœur, ce petit coin encore vierge et qui doit rester inoccupé car c’est le petit coin que nous devons réserver au prochain galgo qui aura besoin de nous en tant que famille d’ accueil. Mon seul espoir est que, comme ces mamans que j’ai vues à l’œuvre aujourd’hui enseignant à leurs rejetons à affronter la vie, nous ayons su transmettre à Taiga le sentiment de se savoir aimée et protégée, à l’abri et que ce jour-là, elle aura appris que manger, boire, jouer ou se reposer ne sont pas des activités interdites pour lesquelles elle mérite d’être punie. Et, par-dessus tout, nous espérons lui avoir appris que la vie est belle et qu’elle vaut la peine d’être vécue.