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Poésie dédiée à TOUS les Galgos martyrs d’Espagne
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La bêteLa bête qui crie, c’est l’homme et l’autre qui fuit
C’est l’animal en sang qui gémit dans la nuit ;
Lui, qui a compris quel fut le prix de sa vie,
D’une muette plainte, ennoblit l’homme qui survit.
Sous de noires éclipses, quand montent des rumeurs,
C’est le gouffre humain qu’il entend et qui se meure.
L’homme, dans son ignorance, cette tare immense !
Vomit le poids de son orgueil dans le silence ;
Et quand de ses lèvres avides il boit au calice,
Il savoure à la fois sa gloire et son supplice.
Dans ses jours, rien ne semble combler son ennui,
Dans sa vie, non, rien ne semble éclairer ses nuits ;
Son univers se perd comme l’écume dans les flots
Et la terre qui veille ou rêve entend les sanglots,
Les longs sanglots de l’animal qui vibre et qui scellent
La vie et la mort qui, dans les Cieux, étincellent.
L’homme tient en son cœur la haine qui ravage,
L’emportant, au plus noir de l’ultime voyage ;
L’animal qui aura vu son si triste abîme,
Renaîtra de ses cendres et de forces sublimes.
Car toujours plus avides de soif, de désirs,
Convoitant sa proie, chassant, jusqu’à la saisir.
L’animal craignant l’homme et sa fin inexorable,
L’aura vu aussi malheureux, laid, misérable.
Saoulé des longs échos de ses clameurs infinies,
Quand le monde mourra, quand tout sera fini,
L’animal vainqueur de ses chaînes qui l’entravent,
Les hommes pleureront comme un troupeau d’esclaves.
Cadavre suspendu au-dessus de leur tête,
Dans l’animal mort il n’y a ni joie, ni fête,
De ce que l’homme aura fait de sa vie rendue blême,
Devant Dieu, il saura ce que vaut le blasphème.
Son parcours qui aura été cruel et lâche,
Sa férocité plus tranchante qu’une hache,
Lui qui aura souillé l’animal dans son flanc,
Il verra l’animal ceint d’un suaire blanc.Nina Ceccarelli
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L’animalQuelque part, dans l’enfer d’un monde effroyable,
Quand chants et rires semblent choses incroyables,
Il est des hommes qui lapident l’innocent :
Le pur qui verse son sang pour ces inconscients ;
Pour l’avoir cent fois fêté, mais mille fois vendu,
L’homme pue le trophée de la bête pendue.
Le ciel nu qui s’étend sur l’animal qui sombre
Voile l’homme et le soleil lui paraît une ombre,
Car c’est sa vie qu’il tue quand il tue l’animal,
Dans ses noces de mort souffle un vent infernal.
Sait-on qui juge l’homme quand gît l’animal ?
Sait-on ce qu’il sera dans sa tombe hivernale ?
Pour l’animal qui naît le malheur c’est la vie,
Pour l’homme qui ne prend garde, il n’est que survie.
L’homme frappe, supplicie, oui, il est démence,
Sous la voûte effarée sa plaie est immense,
Dieu qui le voit, quand passe la brave hirondelle,
Pour l’animal qu’il éventre l’homme est criminel.
La nuit qui accroît les secrets gémissements,
Quand des têtes de chiens oscillent tristement,
Non, nul astre ne luit dans l’immensité nue,
Seul un rai de lune qui s’étire sous la nue.
L'animal qui, par l'homme gît, dans un long soupir,
Sait que ce démon châtie là où il respire ;
Il aura vu les houles de son ciel immonde,
Et l’homme s’en ira avec la peur du monde ;
L’animal qui sait la douleur qu’on lui inflige
A dans ses yeux le mal de l’homme qui afflige,
Il fait de sa petite vie de grands bonheurs,
L’homme ne sait pourquoi il vit, pourquoi il meurt.
L’animal souffre sans bruit et ne bouge pas,
Il a l'épouvante en lui, mais il ne sait pas,
Sous les jurons et les coups de fouet qui l’assomment,
Ce qui lui vaut l’affront et ce que cherche l’homme.
Que faire ? Démuni, il ne sait où aller !
Que dire ? La voix muette ne sait parler !
Il sait que l’homme qui le regarde est hideux,
Tremblant, pourtant, du courage il en a pour deux !
Et lui qui voit frémir l’ombre de son bourreau,
Quand l’homme n’a pour liberté que des barreaux,
L’animal inquiet qui à son tour le contemple,
Hagard, l’homme sans gloire n’a ni dieu ni Temple.Nina CeccarelliTexte protégé par Copyright depot.com
http://www.copyrightdepot.com/rep125/00043771.htm
Lidia
Tan sólo
ayer
C'était à peine hier
el sol besaba al
amanecer
le sol j'embrassais le matin
los mil nombres de la vida en mi piel. les milles noms
de la vie dans ma peau
Tan sólo
ayer.
C'était à peine hier
Tan sólo
ayer
C'était à peine hier
tus manos eran flores para mí
tes mains étaient des fleurs pour moi
y en las flores de mi voz siempre era abril. et toujours de mois d'avril pour les fleurs de
ma voix
Tan sólo
ayer.
C'était à peine hier
Y ahora, torero, soy sangre y soy miedo. Et maintenant, torero, je suis
sang et je suis peur
Ahora en este ruedo soy tu
juego.
Maintenant dans cette arène je suis ton jouet
Romeo de la muerte, ven a ver a tu Julieta. Romeo de la mort, viens voir ta Juliette.
En la arena de tu amor soy toro herido. Dans l'arène de ton
amour je suis toro blessé.
Has escrito con mi sangre rojos versos de traición. Tu as écrit de mon sang des vers rouges de trahison
Poeta del dolor y del
castigo.
Poète de la douleur et de la punition
Pintor de la tristeza, ven a ver tu nueva obra, Peintre de la tristesse, viens voir ta dernière oeuvre,
mis ojos que enrojecen sin
destino. mes yeux
qui se consumment sans destin
Mi cuerpo de praderas, tu noche en mi interior, Mon corps tout en prairie et ta nuit à l'intérieur
la espada de tu arte… de
asesino.
l'épée de ton art ..... assassin
Tan sólo
ayer
C'était à peine hier
senderos bajo el cielo, monte
azul
des sentiers sous le ciel, montagne bleue
donde mi alma era paloma sin tu cruz. où mon âme
était colombe sans ta croix
Tan sólo
ayer.
C'était seulement hier
Y ahora, torero, soy trueno y soy locura. Et
maintenant, torero, je suis tonnerre et suis folie.
Tu amor de banderillas y
tortura.
Ton amour des banderilles et torture
Romeo de la muerte, ven a ver a tu Julieta. Romeo de la mort, viens voir ta
Juliette.
En la arena de tu amor soy toro herido.
Dans l'arène de ton amour je suis toro blessé.
Has escrito con mi sangre rojos versos de traición. Tu as écrit de mon sang des vers rouges de trahison
Poeta del dolor y del
castigo.
Poète de la douleur et de la punition.
Pintor de la tristeza, ven a ver tu nueva obra, Peintre de la tristesse, viens voir ta dernière
oeuvre,
mis ojos que enrojecen sin
destino. mes
yeux qui se consumment sans destin
Mi cuerpo de praderas, tu noche en mi interior, Mon corps tout en prairie et ta nuit à l'intérieur
la espada de tu arte… de
asesino.
l'épée de ton art ..... assassin
Con una pata
colgando, Avec une patte
pendante,
despojo de una
pedrada vestige d'une pierre jetée
pasó el perro por mi
lado, passa le chien à mon côté,
un perro de pobre
casta un chien de pauvre caste
Uno de esos
callejeros, Un de ceux qu'on dit
vagabond,
pobres de sangre y
estampa pauvre de sang et sans valeur
Nacen en cualquier
rincón, naissant dans un quelconque recoin,
de perras tristes y
flacas de chiennes tristes et efflanquées
destinados a
comer destinés
à manger
basuras de plaza en
plaza les ordures de place en place
Cuando pequeños, qué finos Tout
petits, comme ils sont fins
y ágiles son en la
infancia et agiles dans l'enfance
baloncitos de
peluche, petite boule de
poil,
tibios borlones de
lana tièdes houppes de laine
los miman, los
acurrucan, et de les aimer, les pelotonner,
los sacan al sol, les
cantan les sortir au soleil, leur chanter
Cuando mayores, al tiempo
Devenus adultes, le temps
que ven que se fue la gracia
venu où la grâce s'en va
los dejan a su
ventura, ils les laissent
mendigos de casa en
casa mendiant de maison en maison
sus hambres por los rincones ses faims
par les recoins
y su sed sobre las
charcas et sa soif sur les mares
Qué tristes ojos que tienen,
Quels yeux tristes ils ont,
que recóndita
mirada quelle réserve dans le
regard
como si en ella
pusieran comme si en lui était inscrite
su dolor a media
asta toute leur
douleur
Y se mueren de
tristeza Et ils meurent de tristesse
a la sombra de una
tapia à l'ombre d'un mur
si es que un lazo no les
da si toutefois une corde ne leur
una muerte
anticipada donne pas une mort
anticipée
Yo le llamo: psss, psss, psss. Moi je
l'appelle: psss, psss, psss
Todo orejas
asustadas Tout en oreilles
effrayées,
todo hociquito
curioso, tout en museau fureteur,
todo sed, hambre y nostalgia tout en
soif, faim et nostalgie
el perro escucha mi
voz, le chien écoute ma voix,
olfatea mis
palabras flaire mes
paroles
como esperando o
temiendo comme une espérance, un espoir
pan, caricias... o
pedradas de pain, de caresses .... ou jet de pierre
no en vano lleva
marcado qui en vain restera inscrit à sa patte
un mal recuerdo en su
pata comme un mauvais souvenir
Lo vuelvo a llamar: psss, psss. Je
l'appelle à nouveau: psss,psss
Dócil a medias
avanza Docilement il
avance un peu
moviendo el rabo con
miedo se déplaçant peureusement
y las orejitas
gachas et les
oreilles basses
Chasco los dedos; le
digo: Je claque des doigts; lui dit:
"Ven aquí, no te hago
nada " Viens là, je ne te fais rien
vamos, vamos, ven
aquí" allez, allez, viens
ici"
Y adiós la
desconfianza Et adieu
l'appréhension
Que ya se tiende a mis
pies, Car maintenant il est à mes pieds
a tiernos aullidos
habla il parle par petits
gémissements
ladra para hablar más
fuerte, il aboie pour parler plus fort,
salta, gira; gira,
salta il saute,
virevolte; virevolte, saute
llora, ríe; ríe,
llora;
pleure, rit; rit, pleure;
lengua, orejas, ojos,
patas la langue, les oreilles, les yeux, les
pattes
y el rabo es un
incansable et tout son corps sont un
inlassable
abanico de
palabras moulin
à paroles
Es su alegría tan
grande Sa joie est si
grande
que más que hablarme, me canta que plus que me
parler, il chante
"¿Qué piedra te dejó
cojo? "Quelle est cette pierre qui t'a
laissé
Sí, sí, sí,
malhaya"
boiteux? oui, oui, oui mauvais souvenir"
El perro me entiende;
sabe Le chien me comprend; il sait
que maldigo la
pedrada que je maudis la
pierre
aquella pedrada
dura
cette pierre si dure
que le destrozó la
pata qui lui a cassé
sa patte
y él, con el rabo, me
dice et lui, de tout son corps, me
répond
que me agradece la
lástima qu'il me remercie pour ma pitié
Pero tú no te
preocupes, Mais toi ne t'inquiète
pas
ya no ha de faltarte
nada a ce jour tu ne manqueras de
rien
Yo también soy
callejero, Moi aussi je suis
errant,
aunque de distintas
plazas bien qu'en d'autres
endroits
y a patita coja y
triste mais
d'une démarche triste et boiteuse
voy de jornada en
jornada je vais moi aussi de journée en
journée
Las piedras que me
tiraron Les pierres que l'on m'a
jetées
me dejaron coja el
alma. c'est mon âme qu'elles ont laissée
boiteuse
Entre basuras de
tierra Au milieu des
déchets de la terre c'est là
tengo mi pan y mi
almohada que se trouve mon pain et ma couche
Vamos, pues, perrito
mío, Dès lors, allez viens, mon petit
chien,
vamos, anda que te
anda allez, allons côte à
côte
con nuestra cojera a
cuestas, avec notre boiterie dans les collines
con nuestra tristeza en
andas avec notre tristesse cheminant
yo por mis calles
oscuras, moi par les chemins
obscurs,
tú por tus calles
calladas toi par tes chemins
silencieux
tú la pedrada en el
cuerpo, toi la pierre dans le corps
yo la pedrada en el
alma et moi la pierre dans mon
âme
y cuando mueras,
amigo, et quand tu mourras, mon
ami,
yo te enterraré en mi
casa je t'enterrerai en ma maison
bajo un letrero: "Aquí
yace sous un épitaphe: " Ci
gît
un amigo de mi
infancia" un ami
d'enfance"
Y en el cielo de los
perros, Et dans le firmament des
chiens,
pan tierno y carne
mechada pain tendre et viande
lardée
te regalará San
Roque Saint
Roque t'offrira une una muleta de
plata
béquille d'argent
Compañeros, si los
hay, Compagnons, si vous
existez,
amigos donde los
haya Amis où que
vous soyez
mi perro y yo por la
vida: mon chien et moi pour la
vie:
pan pobre, rica
compaña pain rassis, riche
compagne
Era joven y era
viejo; Il
était jeune et vieux à la fois;
por más que yo lo
cuidaba et malgré tous mes soins
el tiempo malo
pasado le mauvais temps
passé
lo dejó medio sin
alma le laissa moitié
sans âme
Y fueron muchas las
hambres, Et nombreuses furent les disettes,
mucho peso en sus tres
patas et lourd le poids sur ses trois pattes
y una mañana, en el
huerto, jusqu'à ce matin, dans le jardin,
debajo de mi
ventana sous ma
fenêtre où
lo encontré tendido,
frío, je le trouvai étendu, froid,
como una piedra
mojada comme une pierre
trempée
un duro musgo de
pelo, une mousse dure de
poil
con el rocío
brillaba. qui
brillait sous la rosée
Ya estaba mi pobre
perro Maintenant mon chien était
bien
muerto de las cuatro
patas mort des quatre pattes
Hacia el cielo de los
perros Jusqu'au Ciel des chiens
se fue, anda que te
anda il s'en fut, marche que
marche
las orejas de
relente les
oreilles rosées
y el hociquillo de
escarcha. et le museau tout givré
Portero y dueño del
cielo Portier et maître du
ciel
San Roque en la puerta estaba: Saint
Roque se tenait à la porte:
ortopédico de
mimos, soigneur
orthopédiste,
cirujano de
palabras chirurgiens
des mots
bien surtido de
intercambios bien équipé de tout ce qu'il faut
con que curar viejas
taras afin de soigner les vieilles
blessures
"Para ti... un rabo de
oro; " Pour toi ... un rable en or;
para ti... un ojo de
ámbar pour toi ... un oeil d'ambre
tú... tus orejas de
nieve; toi .... tes oreilles de
neige;
tú... tus colmillos de
escarcha toi ... tes canines de givre
Y tú, (mi perro
reía), et toi,
(mon chien riait),
tú... tu muleta de
plata" toi ... ta béquille
d'argent"
Ahora ya sé por qué
está Maintenant je sais
pourquoi
la noche
agujereada:
la nuit est parsemée:
¿Estrellas... luceros...?
No, D'étoiles ...? Non,
es mi perro cuando
anda... c'est mon chien qui trotte ...
con la muleta va
haciendo et qui de sa béquille parsème
agujeritos de
plata.
des paillettes d'argent
Manuel Benítez Carrasco (1922-1999 )
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