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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 21:34
Quelqu’un devra répondre pour les martyres de la “Protectora” de Mairena. Au nom de tous les chiens et chats exterminés sans même avoir eu le temps de porter un nom.
 
Un article écrit par Ruth Toledano, journaliste et poète résidant à Madrid.
 
 
A l’heure même où j’écris cet article, le crématorium est allumé. La fumée qui s’élève au-dessus de la ferme Peralta, où se trouve la “Protectora” de Animales de Mairena del Aljarafe, province de Seville, témoigne du fait que les fours fonctionnent toute la journée. Il s’agit de la perrera contre laquelle, depuis plus d’une dizaine d’années, de nombreuses associations de la véritable protection animale ont déposé des plaintes pour les conditions infernales que sont celles des animaux. La même perrera dans laquelle, ces derniers jours, ont eu cours les protestations à la suite de la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo filmée le 25 décembre dernier et qui montre des images horrifiantes de chiens de toutes les tailles ntassés au milieu des excréments et de l’urine sur lesquels certaines chiennes donnent la tétée à leurs chiots, des chiens avec blessures ouvertes, malades, dénutris à l’extrême et y compris des cadavres. L’unique vétérinaire en contrat avec la “Protectora” était en vacances.
 
N’espérez pas de moi aujourd’hui du politiquement correct. Je réfrènerai juste pour ne pas en arriver dans cet article à l’insulte que méritent les responsables de cette “Protectora” d’animaux et que méritent aussi tous les responsables institutionnels concernant cette horreur. Ceux qui durant plus de dix ans l’ont permis sans tenir aucun cas des plaintes. Ni les respnsables de la “Protectora”, ni les responsables municipaux, ni les responsables politiques régionaux d’Andalousie, ni le Seprona, ni les responsables de l’Environnement n’ont tenu compte de des plaintes réitérées et dramatiques. Ni même la société en général n’a tenu compte de la clameur des personnes sensibilisées, agressées par une situation qui a fait connaitre la “Protectora” d’Animaux de Mairena comme l’Auschwitz espagnol des animaux (l’écrivain juif Isaac Bashevis Singer, prix Nobel de la Littérature qui a du fuir l’extermination nazi, nous a averti: “Par notre comportement envers les animaux, nous autres  êtres humains sommes nazis. Pour les animaux c’est un éternel Treblinka”).
 
Qui sont les responsables de ce qui se passe à Mairena? En premier, Pedro Luiz Fernandez Castillo, président de la “Protectora”. Ce type qui, en tant que vétérinaire, est capable de dispenser n tel traitement aux animaux, dirige cette perrera privée en contrat pour l’accueil des animaux abandonnés avec bon nombre de municipalités de la région de Aljarafe, ainsi que quelques autres de la région de Huelva et de Cadiz. Il la dirige avec une telle opacité qu’on ne peut même pas savoir combien sont les municipalités mais il semblerait plus de onze selon diverses sources. Chacune de ces municipalités paient un tribu approximatif de 9000 euros par an. Peu importe la couleur politique des municipalités, il y en a et il y en a eu du PP ou du PSOE, tous complices de la (présumée – comme vous voyez je me vois obligée d’utiliser ce mot mais les parenthèses personne ne me les enlèvera) maltraitance et l’extermination pratiquée par Mairena.
 
En 2012 les municipalités de Bormujos et de Mairena ont rompu le contrat en raison des plaintes reçues. Mais Pedro Luis Fernandez Castillo rétorqua par un communiqué qu’il les accusait de diffamation et menaça même de procédures judiciaires. Ce même vétérinaire doit avoir beaucoup d’influence pour que ces deux municipalités reviennent sur leur décision et recontractent avec lui (en dehors du fait qu’il n’y ait d’autre centre d’accueil des animaux ,ce qui en soit relève de la responsabilité institutionnelle). Très influent le monsieur pour déposer une plainte contre une adhérente qui avait filmé en caméra cachée les horreurs de la perrera et à qui il réclame 200.000 euros d’indemnisation (le jugement devrait avoir lieu en 2014). Très influent pour être arrivé à se maintenir durant 15 ans à la présidence d’une ‘'”Protectora” dont les autorités politiques onterdisent l’accès des statuts aux adhérents, qui ne présente aucun registre et aucune trésorerie, qui ne respecte pas l’obligation d’une assemblée générale annuelle pour ces mêmes adhérents et qui ne présentent aucun frais. On ne sait même pas de combien d’adhérents dispose la “Protectora” puisque là non plus on ne donne pas accès à ses bases de données. Des adhérents qui versent leurs contributions.
 
Le Ministère de l’Intérieur devrait enquêter sur ces irrégularités concernant les adhérents et qui salissent en plus l’image de tant d’autres protectoras qui laissent leur peau dans leur ingrate et nécessaire tache d’aide aux animaux abandonnés. Et l’Assemblée d’Andalousie devrait prendre note concernant cette affaire sanglante et enquêter sur ce lieu qui a été l’objet de tant de plaintes déposées depuis tant de temps. Pourquoi ne le font-ils pas? C’est bizarre. Si la transparence en matière de gestion de cette perrera de Mairena est nulle, nombreux sont les soupçons qui l’entourent: la (présumée) relation intime de Fernandez Castillo avec les hautes autorités politiques et celles de la Guardia Civil, également sa (présumée) relation avec les arènes de taureaux de la Real Maestranza de Seville, sa (présumée) connivence avec le Seprona lui-même qui se présente à la perrera (soit disant sans avertir) chaque 4 ou 6 mois et qui, comme par hasard, ne constate aucune irrégularité grave si ce n’est de petites infractions. Le jour du rassemblement, bien sûr, ils n’ont pas pu faire autrement que d’imposer trois sanctions: une administrative et deux de caractère sanitaire.
 
Mais ce ne sont pas les seuls responsables. La société espagnole en général et la société andalouse en particulier devrait avoir honte qu’il y ait jusqu’à 250 chiens qui entrent à Mairena chaque mois. La plupart d’entre eux dans des conditions d’abandon et de maltraitance extrême. Beaucoup d’entre eux provenant de la chasse. Beaucoup d’entre eux provenant de galgueros qui les détruisent avec leur activité cruelle et à qui, bien sûr, la perrera de Mairena fournit de nouveaux galgos. Les responsables sont les politiques, mais également les gens des villages et des villes d’Andalousie et d’Espagne et qui assistent à cette cruauté sans intervenir, sans exiger que leur argent ne soit pas destiné à maintenir une telle ignominie ou que les institutions servent à autre chose que voler, couvrir des fautes et se rendre complice.
 
Ce qui est sûr c’est que les animaux sont les victimes innocentes de cette situation d’extrême non assistance et d’absence de transparence de Mairena. Et que les véritables protecteurs d’animaux n’en peuvent plus. C’est pour cela que le PACMA (qui précisément a présenté cette semaine un effrayant dossier sur la situation des galgos) a déposé une plainte devant la Fiscalia General de Medio Ambiente de la Junta de Andaluia pour un présumé délit de maltraitance animale, caractérisé dans l’article 337 du Code Pénal. Pour ceci, sa plainte a été sotenue par la plainte collective de 67 particuliers représentés par Claudia Ferraro, responsable du refuge La Canada de las Canes et disposée à prendre ce risque dans une zone où il ne fera pas bon vivre pour elle une fois les médias retirés. C’est pour cela que certaines associations comme La Sonrisa Animal, La Voz Animal, Asanda ou la Fondation  Benjamin Mehnert ont poussé un cri qu’elles ne peuvent plus retenir. Elles ne demandent pas la fermeture de Mairena mais le changement de sa direction. Elles demandent que les recours matériels et humains profitent à leurs destinataires légitimes c’est-à-dire les chiens et les chats qui laissent leurs os là-bas. Elles demandent un véritable système de promotion de l’adoption et non de l’extermination. Elles demandent une politique des portes ouvertes aux adhérents et à quiconque serait intéressé par les animaux qui sont recueillis avec l’argent de la municipalité.
 
En même temps que je finis d’écrire cet article, je regarde Pizca. C’est une de mes chiennes. Elle est arrivée de la “Protectora” de Mairena, sauvéede l’enfer  par ma soeur, Esther Toledano  qui a sauvé des centaines de chiens. Avec l’aide d’autres volontaires. Avec son argent et celui de personnes solidaires. Avec son temps, son courage et son coeur. Pizca est arrivée dans un état lamentable qui lui ont laissé de graves séquelles physiques. Elle est maintenant heureuse comme tous les chiens qui reçoivent un peu de l’amour qu’ils offrent et parce qu’elle a eu la chance d’accéder à la vie de dignité que tous méritent. Mais je ne peux m’empêcher de m’effondrer en pensant à cette fumée quui, aujourd’hui, s’élève du crématorium de Mairena. Cette fumée qui est l’ultime trace de ceux qui n’ont pas eu de chance. La fumée qui aurait pu être Pizca (qui aurait pu être Willy, qui aurait pi être Tomasa.....) si elle avait été condamnée à mourir par injection d’anectine, puissant toxique qui engendre une paralysie musculaire sans perte de conscience et une lente asphyxie jusqu’à la mort.
 
Il est dit que la perrera de Mairena utilise l’anectine pour tuer les animaux en excédent. Qu’ils les tuent et ce même s’ils ne sont pas malades en phase terminale avec cette méthode sans anesthésiant alors que c’est obligatoire mais bien plus économique. Son usage est extrême et là encore aucune transparence ce qi amènera les responsables à rendre là aussi des comptes. Ou bien, par leurs défections, les responsables institutionnels eux aussi devront rendre des comptes. Quelqu’un devra répondre des martyres de Mairena. Au nom de Owie, au nom de Nemo qui n’ont pas survécu. Au nom de tant de faibles qui ont succombé à la maladie causée par ce destin non mérité. Au nom de tous les chiens et chats qui ont été exterminés sans avir eu seulement le temps de porter un nom. Et au nom de toutes les personnes de bonne volonté de cette Espagne Negra qui ne veut plus de martyres ni de luxure de tant de scélérats et de tant de sans âmes.
 
Traduit par Marie-Hélène Verdier
Trésorière et cofondatrice de GEE
 
Il y a eu une autre perrera dans ce même secteur qui avait fait parler d’elle il y a quelques années et à laquelle j’avais consacré des articles sur plusieurs années. Il s’agit de la perrera de Puerto Real:
Eux aussi utilisaient, pour euthanasier les animaux, un relaxant musculaire provoquant peu à peu une paralysie de tous les muscles, la mort survenant par asphyxie avec la paralysie du système respiratoire. Une mort lente et douloureuse car les animaux restent conscient jusqu’à la fin et si vous pensez que les doses sont utilisées avec parcimonie parce que si on peut piquer deux chiens avec une même dose c’est autant d’économie, vous n’aurez pas de mal à imaginer la souffrance de ces chiens et chats qui peuvent mettre 1/2 heure pour mourir.
C’est ainsi que meurent les animaux de Mairena, comme mouraient et meurent peut-être encore ceux de la perrera de Puerto Real:
 

 

 

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Published by LN Verdier - dans Actualité perreras
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commentaires

brigitte 09/12/2016 08:03

quel horreur c est pas des étres humains que la justice les mettes en prison pour payer leurs crimes pour des années a voir cette femme elle est froide de visage les pauvres petits

jackie 22/01/2014 18:08


comment peut-on vivre en lisant tout ça et sans pouvoir agir ? et tous ces malfaisants qui ont de leur côté tous ceux qui font les lois! c'est impensable et nous donne l'envie de mourir puisque ,
toujours, c'est les maltaitants qui portent plainte et qui obtiennent gain de cause. Comment peuvent-ils avoir le droit d'interdire l'accés de la perrera alors que la garde civile est présente ?
tout me blesse au plus profond de moi. ces pauvres chiens qui appellent et qui attendent qu'on les sorte de leur enfer et qui voient leur espoir s'envoler quand les caméras se retirent. c'est
dramatique.

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